Voltaire

  • CHRISTIAN DU PRE, LES NEUF CERCLES

     

    Memogrames : « Jeune retraité » de l’enseignement (vous avez enseigné le français et la morale laïque durant 35 ans dans un athénée), vous publiez aux éditions Memogrames un roman intitulé : Les Neuf Cercles ou Requiem pour un professeur de lycée. On devine au sous-titre que l’histoire se passe dans un lycée, nous dirions un athénée en Belgique. Mais pourquoi ces « Neuf Cercles » ?

    Christian DU PRÉ : Mon roman est ancré dans le tissu de l’enseignement secondaire belge, mais il aborde des problèmes suffisamment fondamentaux – et graves – pour pouvoir aussi bien se dérouler en France, dans une école de la banlieue parisienne, par exemple, ou peut-être même, dans un autre pays européen... D’où le choix du mot « lycée ». Quant au titre principal, il fait allusion à l’Enfer, première partie de La Divine Comédie de Dante...

    Memogrames :...Vous commencez d’ailleurs par une citation du début de L’Enfer en exergue de votre roman...

    Christian DU PRÉ : En effet. Et j’ai multiplié les allusions à l’œuvre de Dante, en évitant, bien sûr, de tomber dans le démarquage. D’abord, les fameux « neuf cercles » : ce sont ceux où s’enfonce Dante quand il visite ces lieux infernaux. Parallèlement le personnage principal va vivre les neuf premiers mois d’une année scolaire en subissant  les affres de l’enseignement d’aujourd’hui. Mais il y a d’autres allusions plus ou moins voilées, que je  laisse au lecteur le soin de dénicher... Cela, c’est l’aspect un peu ludique de connivence avec le lecteur.

    Memogrames : Mais le fond de votre  récit n’est certainement pas « ludique » ni anodin... Ce roman est plutôt dur, assez noir, même s’il contient aussi des passages parfois très drôles, non ?

    Christian DU PRÉ : Ce n’est pas le roman qui est noir, c’est la réalité qui n’est pas rose ! Le narrateur, Gilles, jeune prof de français, farci de pédagogie théorique et d’idéalisme, va nous faire part, au fil des lignes du journal qu’il tient, de ses découvertes, d’abord étonnées, voire amusées, mais rapidement effarantes, décevantes et finalement  amères, des réalités de sa vie d’enseignant. Il va pourtant s’accrocher désespérément, mais les événements le « rattraperont ». Plein de bonne volonté, mais un peu maladroit, comme peut l’être un débutant, il va se trouver plongé dans un enseignement en pleine déglingue, reflet d’une société en crise. Et cela le mènera très loin...

    Memogrames : Quelles sont précisément les principales « déglingues » que vous voulez dénoncer ici ?

    Christian DU PRÉ : Elles sont connues de tous, du moins de ceux qui ont le courage de regarder la réalité en face. Il y a d’abord la baisse effrayante du niveau des élèves. Est-il normal qu’un garçon ou une fille sortant d’un athénée ne soit pas capable de rédiger un texte cohérent, à la syntaxe et à l’orthographe relativement correctes, mais qu’il produise à la place un épouvantable charabia ? Et pourtant ce genre d’élève reçoit souvent, en fin d’études secondaires, un joli diplôme avec lequel il va se faire « massacrer » s’il a la naïveté de s’inscrire dans l’enseignement supérieur ! Ce diplôme, comme le dit un des personnages du roman, s’apparente à de la « fausse monnaie ». Et, ce qui est valable pour le français, l’est aussi pour les autres branches, je pense.

    Memogrames : Comment cela est-il possible ? Il y a quand même des examens, des contrôles périodiques ?

    Christian DU PRÉ : Sans doute. Mais même si le jury de délibération, sur la foi de ces contrôles et examens divers, a conclu à l’incapacité totale d’un élève dans l’une ou l’autre branche, celui-ci a droit à un recours devant un jury extérieur à l’école, qui sans connaître le cursus précis de l’élève, statue selon des critères mystérieux... Et une fois sur deux, en moyenne, l’élève « gagne » son recours! Ainsi, je me rappelle avoir  dû laisser passer des élèves qui avaient obtenu en français une moyenne de 35%! Ils avaient donc le droit de s’inscrire le lendemain à l’université en section de philologie romane ! On tombe ici dans l’absurde et l’escroquerie morale ! Mais tant pis : le redoublement a été décrété trop coûteux, voilà tout !

    Memogrames : Vous dénoncez aussi d’autres dérives... Notamment l’installation de la violence dans les écoles.

    Christian DU PRÉ : Nous venons d’assister à un horrible drame à Bruxelles : le meurtre   d’un garçon de dix-sept ans par deux autres adolescents qui voulaient lui voler son lecteur mp3. Le racket, les règlements de compte, et toutes sortes d’autres violences sont présentes dans nos écoles.. On a vu, il n’y a pas si longtemps, à  Bruxelles, un élève tirer des coups de revolver dans sa classe ! Chaque année sont perpétrés dix ou quinze incendies volontaires de locaux scolaires rien qu’en Communauté française ! Les tentatives de viol sur des jeunes filles ou même sur des enseignantes ne sont pas rares non plus... Je n’ai pourtant pas voulu introduire ce type de violence extrême dans mon récit, justement pour ne pas noircir le tableau. Celles que je raconte sont plus banales, plus quotidiennes, mais tout aussi inquiétantes. Il y a également ce qu’on appelle pudiquement les « incivilités » : les graffiti  – les fameux tags – , les insultes contre les profs mais aussi celles que les ados s’échangent copieusement ; l’ignorance des formes élémentaires du savoir-vivre (par exemple s’excuser quand on arrive en retard...) et d’autres comportements qui empoisonnent le climat au point de faire parfois craquer les enseignants les plus chevronnés.

    Memogrames : Comment expliquez-vous ces dérives ?

    Christian DU PRÉ : Nous vivons dans une société où la norme a tendance à disparaître. Sous couvert de démocratie et de liberté, on laisse la bride sur le cou aux enfants et aux adolescents. L’enfant-roi exige et la société acquiesce ou laisse faire. La démagogie fait des ravages : « interdire », « punir », sont devenus  des mots indécents.  Mais nous sommes aussi dans une société qui banalise la violence, quand elle ne l’exalte pas : les feuilletons américains imbéciles, les mangas japonais, ou d’autres productions baignent dans la castagne et l’hémoglobine ! Sans parler des jeux vidéo qui sont une véritable incitation au meurtre ou au sadisme ! Le cocktail entre laxisme et violence devient dès lors détonant !

    Memogrames : L’école a donc une responsabilité ? Sa mission n’est-elle pas éducative aussi ?

    Christian DU PRÉ : L’école ne peut pas tout faire : remplacer les parents déficients, assister psychologiquement les jeunes déboussolés, se substituer aux autorités publiques (police, justice) pour former une jeunesse impeccable ! Mais il est vrai qu’elle doit prendre sa part dans cette tâche. Seulement il y a un gros problème : depuis un quart de siècle, on l’a progressivement « vidée » de ses ressources : on a saqué l’encadrement en jetant à la portes des milliers de profs; on a humilié les enseignants en les dépossédant de leur autorité ; on a réduit les conditions matérielles d’enseignement à un état de misère incroyable. Pour avoir une juste idée du mépris dans lequel notre système libéral avancé tient l’enseignement, ses élèves, ses profs, allez donc visiter les toilettes de nos écoles ! L’exemple est sans doute trivial mais édifiant ! En plus, le poids sociétal est considérable : comment lutter contre ces phénomènes quand les parents, quand la télé, quand même parfois les responsables politiques, cautionnés par de savants psychologues ou socio-pédagogues, excusent à l’avance les comportements les plus contestables des ados ?

    Memogrames : Vous pensez par exemple à la drogue ? Elle est présente dans votre roman.

    Christian DU PRÉ  Notamment oui. Comme on a banalisé la violence, on est occupé à banaliser l’usage des drogues. « Un p’tit joint de temps en temps, ça ne fait de mal à personne non ?... » ; voilà le genre de discours politiquement correct ! On est en passe de légaliser le cannabis. Sans doute cela engendrera-t-il de juteux profits, notamment fiscaux, comme l’alcool et le tabac...

    Memogrames : N’y a-t-il donc aucun espoir ? Ce serait effrayant !

    Christian DU PRÉ : Si ! Je termine mon récit sur un appel à la désobéissance des enseignants. Ils doivent réapprendre à dire « non » ! Comme ils l’ont fait voici dix ans ! Ils ont été battus sans doute, mais je suis persuadé que s’ils reprennent confiance dans leur force et leur solidarité, ils pourront cette fois entraîner derrière eux la majorité des citoyens qui ont pris conscience que, si nous n’inversons pas radicalement, et dans les plus brefs délais, le processus infernal où notre société est engagée, nous courons droit à la barbarie !

     

  • PARKINSON S'EST INVITE CHEZ NOUS

     

       Conçu en partenariat avec l'association Parkinson Belgique, ce livre a été salué ou conseillé par La Capitale, La Meuse, Le Soir, La Libre Belgique, Le Ligueur, L'Avenir du Luxembourg, Le Journal du médecin ou encore Vers l'Avenir, tandis que les associations Parkinson France et Parkinson Suisse lui réservaient un accueil favorable. Près de 1000 exemplaires ont déjà été vendus depuis sa parution fin novembre 2005. Un petit site lui est désormais consacré, à l'initiative du fils d'une des auteurs. tapez : http://sites.fabvdv.net/mvh 

  • WEEK-END DES 26, 27 & 28 MAI 2006

    FESTIVAL DE POESIE ET DE LITTERATURE DE BELLECOURT (MANAGE - Prov. de HAINAUT)

       La commune de Manage (22.000 habitants) en Hainaut, voisine de La Louvière, Chapelle-lez-Herlaimont ou Morlanwelz, a la chance de compter, parmi ses associations, la Maison de la Poésie et des Littératures. Sous ce label, un groupe de passionnés de l'écriture et des livres déploie une énergie remarquable pour la promotion des lettres. Après un premier week-end littéraire, en mars dernier, dans l'entité de Fayt-lez-Manage, c'est à Bellecourt (une autre des cinq entités qui composent Manage) que la Maison de la Poésie et des Littératures organise pour la première fois un grand festival de poésie et de littérature.

       Les éditions Memogrames y seront présentes avec leurs titres, mais aussi ceux des sept autres maisons d'édition indépendantes qu'elles diffusent dorénavant en Belgique (cfr. article ci-dessous).

       Voici le programme de ce festival littéraire :

    VENDREDI 26 MAI

    - 18h.45 : inauguration, verre de l'amitié.

    - 20h.00 : Concert des "Diseurs du Soir", un groupe du Nord de la France, soit un spectacle de 90' de poésie, de tendresse et d'humanité, à l'Eglise de Bellecourt (rue de la Place 7170 La Hestre)

    SAMEDI 27 MAI

    - dès 11h.00, dans les locaux de l'école communale de Bellecourt (rue Reine Astrid 7170 La Hestre) : Atelier d'écriture, démonstration de calligraphie, présence des maisons d'édition Le Somnanbule Equivoque, Le Cerisier et Memogrames.

    - 14h.30 : Débat "Pourquoi j'écris?", avec les auteurs Marie-Claire Blaimont, Danielle Bastien, Véronique Flabat-Piot, Christian Du Pré (Les Neuf Cercles - éd. Memogrames),  Pascal Hoyois, Nadia Dequesne, Bernard Dupuis, Fidéline Dujeu.

    - 15h.30 : Cabaret littéraire "A la découverte des livres des auteurs présents"

    - 18h.00 : représentation théâtrale "Tout Feu, Tout Femme", de et avec Claire Vloeberghs

    - la journée se terminera par des lectures de textes, par Eric Delange, le Président de la Maison de la Poésie et des Littérature de Manage.

    DIMANCHE 28 MAI :

    - 11 h.00 : ouverture, accueil et apéro. Ateliers d'écriture, ballades contées, atelier de calligraphie.

    - 14h.30 : rencontre avec des écrivains et lectures, avec notamment Pascale Hoyois, Anne Marielle Wilwerth, Sophie Bayley, ...

    - 16h.00 : proclamation des résultats du concours de poésie des enfants.

    - 17h.30 : grand débat "Violence à l'école: les causes, les conséquences, les remèdes." avec Christian Du Pré, auteur du roman Les Neuf Cercles (Requiem pour un professeur de lycée), Luc Verton, directeur de Memogrames et ancien responsable CGSP-enseignement , des enseignants, des parents, ...

    DURANT TOUT LE WEEK-END, PETITE RESTAURATION, TOMBOLA EXPRESS, RENCONTRES AVEC DES AUTEURS ET DES EDITEURS, STANDS DE LIVRES, DEDICACES...  

     

  • MEMOGRAMES DIRECTE DIFFUSION

     DIFFUSER AVEC LA SENSIBILITE D'UN EDITEUR ...

       Parce qu'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, les éditions Memogrames ont choisi, après quelques tentatives peu fructueuses de prise de contact avec certains diffuseurs belges, d'organiser sa propre diffusion/distribution auprès des librairies de Wallonie et de Bruxelles, sous le label MDD (Memogrames Directe Diffusion).

       Et, tant qu'à faire, nous avons proposé à quelques amis éditeurs indépendants français non présents sur les rayons des libraires wallons et bruxellois d'être leur diffuseur en Belgique.

      Aujourd'hui, Memogrames diffuse déjà, en plus de ses propres titres, les ouvrages de huit autres maisons d'édition. Nous n'en resterons pas là...

    Ces éditeurs ayant choisi de nous accorder leur confiance sont :

    - Les éditions Ivoire-Clair (livres maçonniques, témoignages, romans...)

    - Les Points sur les i (beaucoup d'ouvrages à connotation sociale, dédiés à la condition féminine ou plaidant pour l'intégration des immigrés, mais aussi de la poésie ou des recettes de cuisine à petit budget...)

    - Les éditions ID Livres Jeunesse (des livres pour les enfants et les ados, livres intelligents et soucieux d'éduquer à la différence et au respect d'autrui)

    - Les éditions de L'Oie Plate, de Roger Gaillard et de ses complices, au service de la défense des auteurs (avec notamment l'annuaire Audace...) 

    - Les éditions A.Barthélémy, d'Avignon (de beaux livres sur la Provence, mais aussi sur de multiples contrées de notre planète... de vraies invitations au voyage!)

    - ABM éditions (du polar et de la science-fiction, du roman historique, de la poésie, des guides pratiques ou des livres de réflexion sur le développement personnel...)

    - les éditions NDZé (des romans, des récits, des essais d'écrivains francophones d'Afrique Noire)

    - les éditions Connaissances et Savoirs (des essais, des thèses universitaires, des ouvrages historiques, ...)

     

     

       

     

    ABM éditions, les éditions Connaissances et Savoirs et les éditions NDZé* viennent de choisir Memogrames pour leur diffusion en Belgique (*exception faite du théâtre, confié aux éditions Lansmann, la référence en la matière)

      

     

  • SALON DU LIVRE DE GROSLAY

    SALON DU LIVRE DE GROSLAY   

     
       SON MOT A DIRE, l'association européenne des éditeurs indépendants dont Memogrames est membre, organise ce prochain week-end, en partenariat avec les autorités municipales, le 3e Salon du Livre et de l'Edition indépendante. Avec 15 maisons d'édition et 32 auteurs présents, une expo sur le monde de l'édition, un stand sur les métiers du livre et les formations et 3 débats/conférences, le public devrait être comblé.
       Memogrames sera là avec l'ensemble de ses titres. Christian Du Pré, l'auteur des Neuf Cercles (Requiem pour un professeur de lycée) sera présent le samedi après-midi pour dédicacer son roman dont le thème devrait intéresser nombres d'enseignants et de parents français, les problèmes de scolarité difficile, de violence ou de drogue étant d'actualité tant en France qu'en Belgique. 
       Le Salon du Livre de Groslay se déroule à la Salle polyvalente, rue Berthoud. L'entrée est gratuite et le salon est ouvert, le samedi, de 9 à 18h.00 et le dimanche, de 10 à 18h.00.
       Liste des participants sur le site du SMAD : www.asso-smad.com