Voltaire

Décès de Marie-Louise Prévot, la veuve d'Eugène Mattiato

Marie-Louise Mattiato - juin 2007 - bibliothèque Yourcenar - photo maurice Robert.jpg    La nouvelle nous est parvenue dans le courant de la journée : Marie-Louise Prévot, la veuve de l'écrivain carolorégien d'origine italienne Eugène Mattiato (1910-1991), s'est éteinte ce 24 mai en début de matinée, dans sa quatre-vingt-quatrième année, des suites d’une longue maladie.

   Depuis 2006, les éditions Memogrames avaient publié, à l'instigation de Marie-Louise (et avec sa complicité active : elle retranscrivait tous les manuscrits sur son ordinateur pour nous en permettre l’édition), les meilleurs romans* d'Eugène Mattiato, restés inédits de son vivant, nonobstant le succès considérable de La Légion du Sous-Sol, fin des années 1950.

   C’était à l’occasion d’un cocktail de présentation du livre Parkinson s’est invité chez nous, en 2006 : Marie-Louise Prévot vint à moi et me demanda tout de go : « Connaissez-vous Eugène Mattiato ? » Comme je le situais en parallèle à Constant Malva parmi les écrivains prolétariens, elle m’annonça : « C’était mon mari. J’ai les manuscrits de plusieurs romans qui parlent de la mine et qui sont restés inédits malgré les efforts d’Eugène. Cela vous intéresse-t-il ? » Une semaine plus tard, j’étais à Charleroi dans son appartement, découvrant les tapuscrits de Fils de Houilleur, de la Babel des Ténèbres, du Baiser à la Morte, … Confiante, elle me remit sans hésiter plusieurs documents originaux, déjà convaincue que j’allais devenir l’éditeur à titre posthume d’Eugène Mattiato. Elle ne s’était pas trompée !

   Marie-Louise Mattiato était toujours follement amoureuse de son défunt mari et chaque parution d’un roman, chaque conférence, hommage ou commémoration que nous avons organisés, souvent en partenariat avec Le Bois du Cazier, était un moment privilégié pour elle, un instant de communion avec « son Eugène », un instant de pur bonheur qu’elle savait partager avec ses proches.

   Depuis quelques temps, elle était inquiète de ce que deviendraient les archives liées à l’activité littéraire et aux divers engagements culturels et militants d’Eugène : nous avons pu la convaincre, avec Jean-Louis Delaet et Alain Forti, de les confier au Bois du Cazier, dans le cadre d’un Fond Eugène Mattiato.

   Marie-Louise sera inhumée aux côtés d’Eugène Mattiato ce mercredi 28 mai : nous serons là pour lui dire au revoir.

Luc Verton, Directeur des éditions Memogrames  

 

conférence Mattiato primo levi - vue de la salle.jpg

 

Juin 2007, à la bibliothèque communale Marguerite Yourcenar de Marchiennes-au-Pont : Louise est au premier plan, robe rose et tailleur blanc.

(c) Photo Maurice Robert 

* Fils de Houilleur, La Babel des Ténèbres, Le Baiser à la Morte, Les Fils de la Louve, Journal d'un Parkinsonien

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