Voltaire

Pétition pour réhabiliter des victimes de procès pour sorcellerie

A L'INSTAR DE COLLOGNE OU NIEUPORT, REHABILITER LA MEMOIRE DES VICTIMES DE PROCES POUR SORCELLERIE A MONS AU 17e S. SERAIT UN ACTE SYMBOLIQUE FORT DANS LE CADRE DE MONS 2015

Le Montois d’adoption Charles Henneghien, photographe-reporter, conférencier et auteur de nombreux livres, dont, tout récemment, Saint Georges et le Dragon : enquête sur le succès d’un mythe, chez Memogrames, s’est intéressé, voici quelques années, au phénomène des procès de sorcellerie lors de la rédaction d’un ouvrage consacré aux fêtes et tradition populaires, paru à la Renaissance du Livre. Début 2014, il assiste à une conférence du Professeur Benoît Beyer de Ryke, éminent médiéviste de l’ULB, sur le thème des procès de sorcellerie et y apprend que, récemment, à Cologne d’abord, puis en Flandre, à Nieuport, des autorités municipales ont pris l’initiative de réviser ces procès et d’entamer des procédures de réhabilitation.

 

 

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   Or, à Mons, ont eu lieu deux des derniers procès de sorcellerie en Europe (N.B. la dernière sorcière à être condamnée sur notre continent, Anna Goldi, le fut en 1782 en Suisse). En 1677, un garçon de 15 ans originaire de la région d’Avesnes fut accusé de sorcellerie. Par sentence du 3 février, il fut condamné “à être étranglé à un poteau jusqu’à ce que mort s’en suive, puis brulé dans la forme accoutumée”. Le 22 juin 1671, c’est une pauvre fille de 14 ou 15 ans, Marguerite Tiste, originaire de Jemappes, qui a été brulée sur la Place du Marché à Mons. La lecture des minutes de son procès glace d’effroi ! Mais elle inspire aussi à Charles Henneghien le projet de suggérer aux municipalistes montois de réviser ces procès et de réparer ainsi, autant que faire se peut et à titre purement symbolique une erreur historique de leurs prédécesseurs. Avec son éditeur Luc Verton, directeur des éditions Memogrames, et quelques autres amis hennuyers, le projet de pétition a germé et la décision a été prise de la présenter au public à l’occasion du salon du livre Mon’s Livre 2014. D’autres associations montoises ou hennuyères ont rejoint l’initiative et recueillent également des signatures, tandis que la presse (La Province, TéléMB, Vivacité Hainaut, Le Soir, …) commentaient le projet. Les initiateurs de la pétition escomptent la remettre au Collège des Bourgmestre et Echevins de Mons dans le courant du premier trimestre 2015. 

 

 

 

 PETITION D’INITIATIVE CITOYENNE POUR LA REHABILITATION DE MARGUERITE TISTE ET AUTRES VICTIMES DE PROCES POUR SORCELLERIE A MONS AU 17e SIECLE

 

    Le 27 juin 1671, Marguerite Tiste, native de Jemappes, adolescente de 14 à 18 ans (n.b. les témoignages divergent), est étranglée à un poteau et brûlée sur la Place du Marché à Mons. Ainsi en ont décidé les échevins montois, à l’issue d’un procès pour sorcellerie entamé début mai. La jeune fille était accusée de s’être donnée au diable, « qui lui a mis sa marque et lui a confié une graisse pour s’oindre les membres et s’envoler aux danses ». Les magistrats de Mons lui reprochaient aussi d’avoir ensorcelé des enfants avec une pomme cuite et une tartine !

 

   Marguerite Tiste ne fut pas la seule victime de ces magistrats montois apprentis exorcistes et inquisiteurs zélés : en 1676, Jean, un garçon de 15 ans accusé de sorcellerie fut arrêté dans la commune d’Etroeungt, au sud de Maubeuge, qui faisait autrefois partie du Hainaut. Le procès eut lieu à Mons où il fut condamné à être étranglé et brulé, par sentence du 3 février 1677.

 

    Evidemment, ces procès n’ont rien d’un phénomène local : aux XVIe et XVIIe siècles, dans toute l’Europe, les tribunaux ont mis à mort des dizaines de milliers de pauvres femmes (80 % des condamnés) sur base de dénonciations, de ragots, de simples rumeurs. Sous la torture, elles avouaient n’importe quoi, dénonçaient n’importe qui.

 

     Aujourd’hui, des initiatives de révision de ces mascarades judiciaires et de réhabilitation des victimes se multiplient en Europe : 37 prétendues sorcières exécutées en 1627 en Allemagne ont été réhabilitées. La ville de Nieuport a fait de même, réhabilitant 17 résidents locaux (15 femmes et 2 hommes, tous accusés de sorcellerie), brûlés vifs sur le bûcher au 17ème siècle : une stèle à l’hôtel de ville énumère les noms des victimes de cette erreur judiciaire.

 

    Dès lors, par la présente pétition d’initiative citoyenne, les signataires sollicitent du Collège échevinal et du Conseil communal de la Ville de Mons une procédure de réhabilitation de Marguerite Tiste et autres victimes des procès pour sorcellerie instruits par les magistrats montois au 17e siècle. Cette réhabilitation pourrait être, dans le cadre de Mons 2015, une puissante démonstration de notre capacité à reconnaître « nos » barbaries passées, alors que l’obscurantisme renaît en divers coins de notre monde actuel. De plus, cette initiative de la capitale hennuyère et Capitale européenne de la Culture en 2015, pourrait inspirer des démarches similaires en d’autres villes du Hainaut (et par delà…) : les procès de sorcellerie à Tournai, Ath, Ellezelles … sont aussi à réviser !  La justice, même tardive, est gage de démocratie.

 

 Pour obtenir un exemplaire à signer (et faire signer) de la pétition, ainsi que le dossier de presse complet, avec notamment les minutes du procès de Marguerite Tiste, adressez-nous un mail à  : memogrames@yahoo.fr

 

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