Voltaire

  • INTERVIEW DE JEAN SEMAL

    LA R(Ê)VOLUTION PERHUMANISTE : UNE EUTOPIE D'AVENIR

        La R(ê)volution perhumaniste : une Eutopie pour l’Avenir, dû à la plume de Jean Semal, vice-recteur honoraire de la Faculté agronomique de Gembloux, sort de presse en même temps que Transhumanisme : à la limite des valeurs humanistes, dont il est l’un des contributeurs.

        L’essai de Jean Semal (184 pages au format B5, 22 € - en librairie à partir de mi-mars) a été conçu dans le cadre d'un dialogue virtuel avec le lectorat qui est invité à participer activement à son interprétation. Il a été mis en scène sous forme d'un "roman vrai" comportant de nombreux témoignages. Ceux-ci sont intégrés dans le cadre de la recherche prospective de valeurs d'avenir susceptibles de conforter l'Humanisme en tant que philosophie individuelle et de sociologie collective.

       Le livre se positionne par rapport au questionnement actuel à propos du Transhumanisme et du Posthumanisme, qui visent à "augmenter " les performances des êtres humains grâce à des prothèses technologiques . Celles-ci sont relatives à la santé, à la durée de vie , aux capacités physiques ou mentales , dans un contexte de connections numériques généralisées.

       En retrait de cette vague de technologisme soutenue par Google et la Nasa, l'auteur préconise d' "augmenter" les Humains sur base du développement de leurs qualités spécifiques de cœur et d'esprit. Il s'agit d’ "accroître leurs potentialités sous le couvert du concept de "Perhumanisme "(per=beaucoup).

       Le Perhumanisme est un idéal visant à promouvoir les potentialités intrinsèques des Humains sur base de leur capacité à être sculpteur d'eux-mêmes et bâtisseurs de la société en se fondant sur des   valeurs altruistes. Son action porte sur l'éducation, la culture, l'éthique et l'esthétique, en harmonie avec la diversité des milieux de vie. Il s'agit de guider l'auto-évolution humaine vers un destin de liberté responsable et de fraternité universelle.

        Le premier acte de la scénographie utilisée compose une fresque couvrant le vingtième siècle. Il s'inspire de la Statue Intérieure de François Jacob, en ce qu'il traite des émois, des contraintes et des bonheurs ressentis, mélangés aux empreintes imposées par les aléas de la vie, allégés par la créativité du rêve (la R(ê)volution).

       L'ensemble est riche d'une multitude d'anecdotes qui illustrent la diversité des êtres et des situations rencontrées. Ce segment de vie familiale, scolaire et professionnelle a imprégné l'auteur d'une collection d'ambiances qui furent d'importance dans ses rapports avec les personnes et les lieux de vie. Un facteur majeur se dégage en la matière : celui de l'importance des rencontres imprévues qui furent souvent déterminantes dans l'établissement de relations cohérentes sur le plan interhumain.

        Le deuxième acte de la scénographie se rapporte aux relations réelles ou virtuelles de l'auteur avec une quinzaine de personnalités qui influencèrent sa compréhension du monde dans l'élaboration de ses options personnelles de vie. Cette galerie de portraits illustre un échantillon du monde scientifique, intellectuel et artistique de différentes époques dont les actions furent prépondérantes dans la concrétisation des choix philosophiques et éthiques de l'auteur.

        La troisième partie de l'ouvrage se rapporte à l'analyse des concepts utilisés dans le corps de la recherche des caractéristiques du perhumanisme. Après un interlude portant sur la description prospective de diverses situations imaginaires, l'auteur développe ses points de vue quant à l'avenir de l'Humanisme en tant que guide dans la conduite des sociétés humaines.   Constatant l'état des lieux déplorable de la planète soumise à la violence généralisée et au diktat des nouvelles servitudes, il développe sa conception des valeurs perhumanistes susceptibles de conforter l'Humanisme du futur.

        Jean Semal conclut à la nécessité de créer un nouvel écosystème (l'Amoretum) pour assurer   à l'Humanité un destin intelligent et fraternel basé sur une maxime d'Albert Camus: "le seul devoir, c'est d'aimer".

    A l'occasion de la parution, dans la collection Hélios, de son ouvrage, nous avons rencontré le Professeur Jean Semal et nous l'avons interrogé sur le sens qu'il attribue à son œuvre.

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