Voltaire

LE JOUR OU TOUT BASCULA

Sous l’occupation nazie, du côté de l’Ecole Decroly

Un roman atypique nourri de faits réels et à haute intensité sentimentale. Bruxelles sous le joug nazi, une école alternative, l'insouciance de l'adolescence quand, soudain, le drame surgit...

 je jour out tout bascula front web.jpg  Claude faillit tomber de sa chaise à la lecture du livre consacré au père de sa meilleure amie du temps de l’école Decroly, en y apprenant que cet homme fut arrêté par la Gestapo le même jour que lui, le 6 juillet 1943. Trois mois de prison pour Claude, alors âgé de 16 ans. Son propre papa, lâchement exécuté en Allemagne.

   Il avait mis une pierre sur tout cela, le seul moyen, selon lui, de renaître à la vie. Le rappel de cette date et de cette coïncidence agit comme un choc salutaire. Et voici que, 70 ans plus tard, Claude accepte, non sans douleur au début, de raconter le drame qui brisa son existence.

   Que retient-il, au bout de son chemin ? Une douce lumière : le souvenir des amours et amitiés d’adolescents, la reconnaissance éternelle vouée à l’école Decroly - celle de la pensée critique - qui sut aussi se montrer solidaire et résistante dans les pires moments de l’occupation allemande.

   Ce récit se mue en enquête trépidante, lorsqu’il conduit à identifier le traître - jusque-là inconnu - responsable de la déportation de ses parents. Et en suspense sentimental, quand Claude, 89 ans, se rend à un énigmatique rendez-vous, tremblant d’émotion, un immense bouquet de roses à la main… convaincu, à présent délivré du poids du passé, qu’il n’est jamais trop tard pour renouer avec sa jeunesse.

Lors de la gestation du livre, alors qu’il accumulait la documentation nécessaire sur l’école Decroly, Bruxelles sous l’occupation nazie, la résistance, les personnages réels de l’épopée qu’il voulait relater, Jean Lemaître hésita brièvement entre le pur récit historique, scrupuleux des moindres détails, disséquant les faits avec toute la retenue imposée à l’historien, et le roman, où l’auteur, même en s’inspirant des faits historiques établis, peut donner libre cours à son imagination, notamment à propos des sentiments des personnes, de leur psychologie, de leurs émotions. Et malgré la préférence initiale de son éditeur pour un travail strictement historique, l’auteur a opté pour le roman. Ce que l’éditeur a finalement validé car le genre, tel que pratiqué par Jean Lemaître, parle in fine tant à la raison qu’au cœur, et distille subtilement une multitude de faits historiques au cœur d’une intrigue amoureuse entre adolescents.

Jean LEMAÎTRE, Le Jour où tout bascula 

Genre : roman - Collection : Arès – Editeur : Memogrames - Parution : 4 mars 2017

format B6 –226 pages - ISBN 978-2-930698-42-7 - EAN 9782930698427- Prix TTC : 16,00 €

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INTERVIEW DE L'AUTEUR

Jean pour Luc (3).jpg   Avec « Le jour où tout bascula », vous signez votre cinquième livre. Cinq livres en moins de six ans ! Vous avez été longtemps journaliste. Pourquoi avoir fait ce saut en littérature ?

    La littérature, c’est du sérieux. Cela demande du temps, du travail, beaucoup de travail. Cela requiert une forme de paix intérieure, la capacité de se concentrer sur le long terme. Ma chance fut d’avoir été engagé il y a dix ans comme professeur temps plein à l’école de communication et de journalisme, l’IHECS. Pour la première fois dans ma vie professionnelle, je disposais d’un grand privilège : trois mois de congés payés, le rêve. C’est tout bête, je me suis mis à écrire durant ces périodes, à l’abri des turbulences quotidiennes.

    Par quel biais s’exprimer aujourd’hui ? On vit une période tout sauf formidable : chaque jour disparaît un kiosque à journaux, le pluralisme de la presse se réduit à peau de chagrin, la mode est au bref, au buzz, à l’immédiateté, au superficiel. Un livre a le mérite de durer, de marquer les consciences, de cheminer, de se partager. Bien sûr, l’édition connaît aussi la crise. Mais des éditeurs alternatifs comme Memogrames parviennent à occuper les interstices. Les gens avides de lecture sont coriaces, ils restent très nombreux, ils sont passionnés. Le livre n’a pas dit son dernier mot. Occupons cette brèche. Je m’y suis engouffré en proclamant : « si le court triomphe, alors raison de plus pour miser sur le long ».

   L’éditeur ADEN avait accepté avec enthousiasme mon premier livre, que je supposais invendable, l’histoire de mon grand-père maternel, ancien résistant et déporté politique. A priori, cette biographie avait tout pour paraître ringarde et pour se limiter à une diffusion confidentielle. Je m’étais fixé un objectif minimaliste, pensant que si j’évitais à l’éditeur de boire le bouillon, ce serait déjà génial. En définitive, l’ouvrage - C’est un joli nom camarade - a connu un grand succès, tant en Belgique qu’en France et il a été réédité deux fois. Preuve qu’il y a un large public preneur de sujets différents, refusant de se laisser formater par le purement commercial. Pour ma part, je me suis senti encouragé par l’ample diffusion de « Camarade ». Cela m’a incité à continuer sur mon sillon, avec mon style à moi, où je me plais à mixer les genres et à croiser la grande et la petite histoire humaines.

    Parlons de votre dernier livre, Le Jour où tout bascula, chez Memogrames. L’action se passe durant l’occupation allemande. Elle met en scène, en banlieue bruxelloise, une classe de l’Ecole Decroly. Laquelle entre petit à petit en résistance, chaque élève à sa façon, à sa mesure, comme il peut. Quand soudain c’est le drame. Comme dans vos autres ouvrages, tout y est soigneusement documenté. Les personnages sont réels. Et pourtant le récit haletant que vous faites de ces événements s’apparente à un roman.

    Je vais être franc et révéler toute ma naïveté. Récit ? Roman ? Quelle est la différence ? Je n’en sais rien. On dit qu’un roman relève de la fiction, tandis que le récit s’en tient strictement aux faits. Entre les deux, je ne vois pas de frontière étanche. Ce qui compte, c’est un récit qui emporte, qui passionne, qui laisse libre le lecteur d’interpréter les choses. Moi, j’aime justement le mélange. Quand j’ai sorti C’est un joli nom camarade, nombre de journalistes l’ont gentiment commenté en soulignant que cela « se lisait comme un roman », alors qu’il s’agissait strictement de conter le réel.

   Contrairement au journaliste qui s’en tient aux faits, têtus comme un Lord maire, la littérature permet toutes les latitudes : varier les rythmes, jouer avec la chronologie, choisir la couleur des sentiments. Chaque livre, quel que soit son style, nous parle peu ou prou de réalité, celle-ci prenant forme, dans toute sa complexité, grâce au prisme des sensibilités de l’auteur. Dans le « Jour où tout bascula », tout est vrai    et tout est subjectif. Alors récit ou roman, cela m’est bien égal, du moment que l’histoire touche et émeuve les lecteurs.

 Claude, le personnage central de votre livre, retrouve par hasard, 70 ans plus tard, le fils de sa meilleure amie – et alors secrètement amoureuse de Claude- du temps de 1943 chez Decroly. Entre le vieil homme et son cadet, une forte complicité s’établit. Des lettres s’échangent. Les rendez-vous s’enchaînent. Claude accepte de livrer les secrets qu’il cachait au fond de lui-même. « Le jour où tout bascula » comprend différentes clés de lectures. Il y est beaucoup question de résilience, de solidarité. Mais aussi d’amitiés, d’amours.

    De l’époque noire de l’occupation allemande, des actes de résistance d’alors, on retient surtout les faits héroïques, les maquis, les déraillements de train, les coups de main audacieux. Mais tout cela a été le fait d’une minorité. Comment se sont comportés la majorité des gens, qui, il faut bien le dire, ont fait preuve d’attentisme au début de la guerre ? Le récit s’attache à décrire la vie d’une école, les élèves, les professeurs, les parents. Il rend hommage aux petits gestes d’engagement, simplement mus par le patriotisme ou des réflexes d’humanité et de solidarité. Il faut dire que l’Ecole Decroly, dont la pédagogie est fondée sur l’esprit critique, l’ouverture au social, la pratique du collectif, a conduit naturellement ses éléments à résister. Ce faisant, ils prenaient parfois des risques considérables dont ils n’avaient pas toujours conscience. Et pendant ce temps, malgré le danger, les pénuries, la répression nazie, il fallait bien continuer à vivre. Les élèves chez Decroly s’y efforçaient avec leur lot d’amourettes, d’amitiés, d’espoirs, de déceptions.

   Ce face à face entre deux hommes de générations différentes donne beaucoup d’épaisseur au récit. C’est alors que l’action s’emballe, lorsque le confident de Claude, dans les pas de sa propre mère, entreprend une enquête serrée sur les événements qui ont brisé, en 1943, la vie de Claude. On passe dès lors d’une bluette sentimentale à un thriller politique.

    Oui, Gilles, le jeune ami de Claude se met en chasse du traître qui conduisit la Gestapo à la maison de ses parents, qui lui valut de longs mois en prison, dont il sortit par miracle, et qui conduisit à l’assassinat de son père. Et Gilles finit par l’identifier avec certitude. Doit-on se venger ? Doit-on passer l’éponge, tant d’années plus tard ? Faut-il pardonner alors même que le coupable ne reconnaît pas sa faute, et pire la justifie moralement et intellectuellement ? Gilles, l’humeur coquine, parvient par ailleurs à retrouver les trois jeunes filles qui ont le plus marqué Claude, à 16 ans. Qui était amoureux de qui ? Ici aussi le mystère est levé. Jusqu’à ce que survienne, en épilogue, une rencontre totalement improbable, lors d’une journée ensoleillée de premier mai… A quelque 90 ans, pourquoi ne renouerait-on pas avec l’esprit espiègle et inventif de l’adolescence ?

   Mon fils, qui a 29 ans, quand je lui ai fait part du scénario de ce livre, m’a dit avec tendresse : « Papa, pourquoi tu ne choisirais pas une fois un thème plus moderne ? ». Je suis resté sans voix, avant de me ressaisir et de lui rétorquer : « Tu sais, pour moi, éclairer le passé, c’est mieux comprendre le présent, et se mettre en possibilité d’inventer un autre futur ». Pourquoi faudrait-il opposer le printemps à l’hiver, ce cycle de la vie sans cesse renouvelé...    

En savoir plus : télécharger le dossier de presse ci-dessous

MEMOGRAMES - dossier de presse Jean Lemaître-Le Jour où tout bascula 20170124.pdf

 

 

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