Voltaire

TORNADES... de Fernand BIVER

   Un roman inédit à ce jour, bien qu’écrit en 1940, en pleine débâcle face à l’envahisseur nazi, par un jeune officier belge au talent littéraire naissant et prometteur…

   Un auteur méconnu, mort accidentellement au Canada en 1942, à 21 ans, alors qu’il peaufinait sa formation d’officier pilote de la R.A.F. avant de venir en découdre avec les Allemands quelques semaines plus tard….

  Tornades Cover.jpg  Le 18 juillet 1942, alors qu’il rêve de participer à la libération de l’Europe et de son pays, la Belgique, et qu’il se prépare pour rejoindre les escadrilles alliées qui, de jour comme de nuit, déversent leurs bombes sur l’Allemagne nazie, Fernand Biver s’écrase accidentellement, lors d’un entrainement, à Saskatchewansur, au Canada, avec son Harvard Mk II. L’ancien élève officier de l’Ecole royale militaire, à Bruxelles, qui avait rejoint l’Angleterre après la capitulation de son pays, moyennant un périple clandestin de Vichy à Gibraltar, et avait intégré la R.A.F. comme officier pilote, était non seulement promis à une brillante carrière militaire, mais aurait pu aussi devenir un grand écrivain belge.

   Le destin en a décidé autrement. Auteur d’une pièce de théâtre dès ses douze ans, il écrivit son premier (et unique) roman en pleine débâcle alliée. Tornades appelle à la résistance face à l’occupant teuton et respire l’optimisme volontariste d’un jeune patriote décidé à bouter l’ennemi hors de son pays.

   Inédit à ce jour, le roman de Fernand Biver a été découvert dans les archives familiales par son neveu, avec d’autres textes (poèmes, carnet de route, nouvelles, journal intime…). En souvenir de cet oncle qu’il n’a pas connu, mais dont sa grand-mère et sa mère lui parlèrent souvent, Jean-François Hulet a entrepris de retranscrire le manuscrit, d’authentifier les documents, puis de trouver un éditeur pour ce roman écrit voici plus de trois quarts de siècle.  

   La motivation des éditions Memogrames à publier Tornades est double : faire découvrir au public ce talent littéraire naissant et rendre accessible aux lecteurs du 21e siècle un témoignage direct, écrit sur le vif, en plein conflit mondial, par un jeune homme multiplement talentueux.

   En complément du roman, nous publions aussi, en annexe, le journal de route que Fernand Biver a tenu durant ses pérégrinations à travers la France, l’Espagne et le Portugal, jusqu’à Gibraltar, puis Londres, où, avec d’autres camarades de promotion, il rejoignit les forces libres et intégra la R.A.F.

Genre : roman - Collection : Arès - Editeur : Memogrames - Parution : mars 2017

Format B5  – 272 pages - ISBN 978-2-930698-41-0 - EAN 9782930698410 - Prix TTC : 25,00 €

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INTERVIEW DE JEAN HULET, NEVEU "DECOUVREUR" DE FERNAND BIVER

Comment ce livre est-il né ?

Jean Hulet : C’est le résultat de la découverte d’une boîte trouvée dans le grenier de mes parents. Ma grand-mère m’avait souvent parlé de son grand fils, mon oncle maternel, disparu pendant la seconde guerre mondiale. Son aîné Fernand était la prunelle et la fierté de la famille. Sa disparition précoce, à l’âge de 21 ans, avait profondément marqué la cellule familiale. Ma mère aussi parlait parfois de son grand frère en termes un peu mythiques (ses succès, sa vie trop brève) et mystiques (sa personnalité énigmatique : on l’appelait la « Vierge »).

   Bien des années après, lors d’un déménagement de la maison familiale, je trouvai une boîte en carton poussiéreuse marquée « Fernand Biver » et je l’ouvris plein de curiosité.

   Elle contenait tout ce qui restait d’une vie humaine coupée en plein élan : un agenda datant de l’année 1936, un journal de bord daté de 1942, des dizaines de photos jaunies, trois cahiers manuscrits d’un roman intitulé Tornades, des dessins, des poèmes, des articles courts ou plus longs, des notes d’un journal de bord pour les années 1940-1941, des extraits incomplets d’une pièce de théâtre, le carnet de vol d’un pilote-officier de la Royal Air Force (250 heures), des schémas de livres à venir, etc. Une mine d’or pour un neveu qui décide de partager, 75 ans plus tard, la vie dramatique et trop courte de l’oncle qu’il n’a jamais connu.

Qui était Fernand Biver ?

J.H. : Fernand Biver était né le 13 avril 1921 à Elisabethville, au Congo belge. Son père, originaire d’Arlon - un vrai ardennais de souche - avait émigré au Congo belge et travaillait pour la Société générale de Belgique en tant qu’employé de la banque. Il rencontra, à Elisabethville, une jolie sud-africaine de Durban, venue avec sa famille s’installer au Katanga pour se refaire une vie après l’incendie volontaire, par un associé malhonnête, de leur énorme stock de charbon. Leur prospère société de ravitaillement en charbon des bateaux à vapeur de l’époque était partie en fumée après un feu qui avait obscurci le ciel de Durban durant trois jours.

   Ils se marièrent et eurent leur premier enfant - Fernand - qui ne s’adapta pas réellement au climat tropical et tombait souvent malade (notamment, des crises de malaria). Les parents décidèrent alors de retourner en Belgique pour la santé de leur fils aîné.

   Ils revinrent s’installer à Bruxelles et Fernand vécut une jeunesse typique de la bourgeoisie de la capitale belge dans la période d’avant-guerre. C’était un garçon doué et un esprit brillant. Il avait opéré un parcours scolaire exemplaire car il passa, très jeune, l’examen d’admission à l’Ecole Royale Militaire et fut intégré dans la 99e promotion de Polytechnique.

   Il avait une personnalité forte et énigmatique. Il écrivait, dessinait, peignait, composait des poèmes et pièces de théâtre en tant qu’adolescent déjà.

La seconde guerre mondiale le lança sur les routes de l’exode et de l’exil qui se termina tragiquement par sa mort pour la patrie, au Canada le 18 juillet 1942, à l’âge de 21 ans, lors d’un malheureux accident d’avion. Son appareil entra en collision en plein vol au cours d’un exercice de vol en formation à bord de son North American T-6 Harvard. Ce fut une mort « stupide » et sans gloire malgré tous ses efforts pour devenir un pilote opérationnel de la RAF et se battre contre l’envahisseur nazi, quel que soit le prix à payer.

Pourquoi une histoire de plus sur cette période ‘40-45 ? Qu’apprenons-nous de nouveau ?

J.H. : D’abord, son parcours de jeune officier à l’Ecole Royale Militaire est décrit dans son premier (et seul) roman, qui raconte son exode après le début des hostilités en mai 1940 et qui montre déjà sa créativité et son besoin d’écrire.

Tornades décrit les péripéties de cinq amis de l’Ecole Royale Militaire de Belgique (ERM) qui partagent les joies et les peines de la vie dans la plus prestigieuse des institutions militaires du royaume à la fin des années trente et au début des années quarante. Ils vivent le bizutage, les cours exigeants, les séances d’escrime, le bal annuel de l’école, les amours, ambitions et compromissions des uns et des autres devant la vie qui s’ouvre à ces jeunes d’une époque à présent révolue, avec ses valeurs d’un autre temps : le roi, la patrie et la liberté.

   Tout est-il vraiment si obsolète ? Ce livre montre le basculement de l’″ancien monde″ bourgeois de Bruxelles, avant le feu du ciel de mai 1940, et narre l’invasion éclair des troupes allemandes qui lance la population belge et notamment les candidats officiers de l’école militaire sur les routes de l’exode.

   Ensuite ce livre témoigne de sa passion d’écrire et laisse entrevoir l’énorme potentiel, gâché, d’un jeune intellectuel belge, brillant et cultivé, qui s’était engagé dans la Royal Air Force avec l’objectif d’agir lui-même pour changer les choses révoltantes qui l’entouraient et menaçaient la liberté de son pays et de son peuple.

   Serait-il devenu un Saint-Exupéry belge, avec ses autres romans et traités en préparation, comme Le Dernier Chevalier et La Nouvelle Utopie, tous deux inachevés ?

   Cette histoire nous ramène enfin aux défis, heureusement différents, auxquels la génération ″Quoi ?″, la génération du ″changement″ fait face aujourd’hui. Différentes valeurs de vie et un monde radicalement transformé rendent un jeune homme ou une jeune femme de vingt ans très peu semblable à leurs homologues d’une époque remontant à plus de septante-cinq ans… mais, dans le fond, leurs sentiments et réactions sont-ils si incompatibles ? On ne réagit plus aujourd’hui vis-à-vis du roi ou de la patrie comme en 1940, mais la lutte pour la liberté, un minimum de bien-être pour tous et la justice demeure un combat sociétal éternel et se vit désormais sous diverses formes dans notre monde contemporain.

Fernand Biver était-il élitiste ?

J.H. Oui. Il appartenait à la classe bourgeoise moyenne, avec les qualités, les travers et l’arrogance d’une certaine élite, qu’on retrouve aujourd’hui dans certains segments de la société contemporaine.

   Ses propos, son roman, ses écrits montrent néanmoins combien il était lucide, ambitieux et brillant dans beaucoup de domaines : sa vie spirituelle, sa vie professionnelle (carrière militaire), sa vie d’aventures, sa vie publique et sociale, sa vie artistique (écriture, poésie, peinture, dessin), sa vie morale, sa vie culturelle..., voilà autant de facettes d’une forte personnalité, brillante et calculatrice, mais qui n’hésita pas à mettre sa vie en jeu pour ses idées, en chevalier blanc du monde moderne, finalement broyé sans merci par une machine de guerre imprévisible et impitoyable.  

   Je vous laisse avec ses dernières pensées :

   « Un de mes vieux rêves d’enfant se cristallise : est-ce aujourd’hui l’éveil d’une vocation littéraire qui veut enfin s’affirmer » ?

   « Je ressemble au navigateur conquérant, ambitieux, qui s’est perdu dans une brume opaque. Il scrute la nuit, il cherche avec l’angoisse de manquer la gloire, la direction favorable à ses aspirations. Il ne craint pas la tempête, pourvu qu’après la brume, il trouve enfin le pays fabuleux où sa soif d’action et (qui sait ?) de souffrance, soit apaisée ».

« …Je te jure qu’on ne regrette RIEN lorsque chaque jour te voit vivre avec les dents serrées et les yeux brillants. »

         (21 avril 1942, trois mois avant sa mort).

 

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